Dr. Pinson Hélène : femme, médecin généraliste, urgentiste et réanimatrice

Hélène Pinson

Nous sommes très heureuses de partager avec vous l’entretien que nous avons effectué avec le médecin généraliste, urgentiste et réanimatrice Hélène Pinson. En plein dans l’actualité, cet entretien s’est tenu juste avant que la crise du coronavirus n’atteigne la France.

Au cours de cette interview, le Dr. Hélène Pinson a partagé avec nous ses expériences en tant que médecin, ses opinions sur la situation de l’hôpital public en France, ses inquiétudes au sujet de notre capacité de réaction face à toutes sortes d’épidémies.

guérir parfois, soulager souvent, écouter toujours
(louis pasteur cité par Hélène Pinson)

Son parcours

Après un bac scientifique, le Dr. Hélène Pinson a effectué ses études de médecine à la faculté de médecine de Clermont-Ferrand (Région Auvergne-Rhône-Alpes). Après avoir réussi l’examen de première année, elle a pu choisir sa spécialité en 6ème année. Son premier choix se porta vers l’anesthésie et la réanimation. Cependant, elle dut se tourner vers la médecine générale sur Grenoble (Région Auvergne-Rhône-Alpes). Ne baissant pas les bras, elle prit la décision de se diversifier en poursuivant sa formation aux urgences puis en médecine intensive. Elle y a également obtenu son doctorat avec succès. Afin de valider son diplôme de médecin intensiviste, elle choisit de postuler au centre Jean Perrin de Clermont-Ferrand, et plus précisément, au pôle de réanimation du centre de lutte contre le cancer. Sa persévérance et son amour pour son métier, lui auront donc permis de revenir à sa vocation première, la réanimation, tout en forgeant son expérience dans d’autres spécialités.


Dans quel état se trouve le monde hospitalier en France ?

Liens au sujet de la dégradation de l’hôpital public en France :

Danger à l’hôpital : quand les médecins balancent

L’hôpital en crise, les infirmiers et les aide-soignants en colère

L’hôpital public exige des grands remèdes

L’hôpital public au bord de la crise de nerfs

Pourquoi choisir médecine ?

Après quelques hésitations entre prépas, fac de droit ou fac de médecine, son choix s’est vite tourné vers la médecine. C’est en exerçant dans ce domaine, qu’elle se voyait la plus utile.

Une journée type ?

Actuellement, le travail d’Hélène consiste à prendre en charge les patient.e.s, de leur entrée à leur sortie en réanimation. Ceci requiert une transmission précise des informations les concernant, entre les différentes équipes. Les patient.es sont suivi.es par une équipe de 3 médecins, qui se réunissent régulièrement pour faire le point et s’assurer d’établir le bon diagnostic. L’objectif est donc d’adapter au mieux leur thérapies et réfléchir à leur devenir après la réanimation. Ces équipes se chargent, évidement, de suppléer aux défaillances vitales des patient.e.s, d’administrer les traitements et de réaliser les examens programmés ou urgents. Une dernière partie de son métier consiste à prendre contact avec les familles qui les sollicitent. Pour pouvoir créer un lien de confiance avec ces derniers, les médecins doivent à la fois savoir faire preuve d’écoute mais aussi de pédagogie. Une relation humaine, entre le médecin, son patient et sa famille est une relation, forcément, particulière. Elle nécessite des compétences et des qualités humaines qui sont, malheureusement, très peu abordées à la faculté de médecine.

Aux urgences, c’est une autre histoire. Pour Hélène, il s’agit surtout de réussir à gérer le flux de patient.e.s,  les internes, la répartition du travail entre équipes, hiérarchiser les pathologies des patient.e.s (des cas graves aux moins graves), établir un diagnostic, gérer les appels pour obtenir des lits, ou des examens (scanner par exemple), demander des avis spécialisés . Malheureusement, aux urgences, il ne faut pas compter sur les temps de pauses pour pouvoir réfléchir. Un casse croûte à midi, mangé vite fait, et c’est tout. Ces difficultés sont évidemment amplifiées par le manque de personnel. Un grave problème pour le personnel hospitalier mais aussi pour les patient.e.s.

L’hôpital public, pourquoi ?

Elle reçoit régulièrement des patient.e.s refusé.e.s des cliniques privées, qui leur conseillent d’aller au CHU pour se faire soigner. Pourquoi ? certainement parce qu’ils sont polypathologiques, et nécessitent donc des prises en charge complexes et coûteuses. Ces patient.e.s, n’étant pas rentables, l’hôpital public devient donc leur unique option. Il est important de rappeler que l’accès aux soins n’est pas une règle d’airain et très peu de pays proposent un système de solidarité tel qu’il est organisé en France. Système, qui est beaucoup décrié à cause de son coût, mais qui démontre sa valeur lors d’une épidémie comme celle du COVID-19, que nous connaissons actuellement. Se révélant indispensable en pleine crise, celui-ci l’est tout autant au quotidien pour tous | toutes Français.es.

Comment allons-nous gérer l’épidémie du coronavirus qui s’annonce ?

La place des femmes dans le monde hospitalier

Hélène : « À l’époque où je faisais mes études, il y avait environ 70% de femmes en deuxième année de médecine. Pourtant, aujourd’hui encore, les postes hiérarchiques, tel que celui de chef de service, sont majoritairement occupés par des hommes. Cependant, cette tendance évolue, grâce notamment au nombre de plus en plus croissant de femmes médecin. De fait, plus les femmes deviennent médecin, plus elles accèdent à des postes à haute fonction. Il reste tout de même quelques disparités en fonction des spécialités. Par exemple, beaucoup d’hommes choisissent la chirurgie, alors qu’aux urgences et en réanimation c’est plutôt du « 50-50 ».

Votre sujet de thèse ?

Lors de sa thèse, en parallèle avec son travail à l’hôpital, le Dr. Hélène Pinson a réfléchi à l’utilisation, aux urgences, d’une nouvelle application qui améliore la mesure de la fréquence respiratoire chez les patient.e.s. Cette application pourrait être à portée de chaque soignant, ne nécessitant qu’un téléphone portable pour l’installer. Son objectif : favoriser la mesure de ce paramètre vital qu’est la fréquence respiratoire, trop peu souvent pris en compte dans le raisonnement clinique.

Vos prochains objectifs ?

Hélène : « À court terme, j’aimerais finir tous mes diplômes (en urgence et en médecine intensive). »

Hélène : « À moyen-long terme, j’aimerai faire de la médecine humanitaire, même si je ne sais pas encore avec quel / quelle organisme | association je partirai. Mais c’est quelque chose qui me tient à coeur depuis très longtemps. »

Hélène : « un de mes grands challenges sera de devenir un bon médecin, tant au niveau technique qu’au niveau humain. »

Quel conseil donneriez-vous à l’Hélène de 20 ans ?

Hélène : « Fais toi confiance et persévère ! Il n’y a pas de doute, tu es faite pour ce métier ! »

Qui vous inspire ?

Hélène : « Beaucoup de mes collègues m’inspirent. Peu importe le service dans lequel je suis passée, j’ai énormément appris de ceux que je côtoie quotidiennement. Un exemple parmi tant d’autres pour moi, le Dr. Philippe Pommier. C’est un urgentiste exceptionnel, très compétent, très humain. Il a réussi à allier son travail avec une belle vie de famille, ça fait rêver.

Des plaisirs en dehors du travail?

Hélène adore voyager, aller au cinéma et faire de l’escalade. Mais ce n’est pas tout ! Elle chante dans un groupe de pop rock (lien : McFly orchestra) et joue de la guitare depuis des années. Regardez-la à l’oeuvre dans les vidéos qui suivent…

Vous aurez peut-être entendu la belle voix du coq des voisins  »°> « cocorico »

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